
Voilà, c'est fait. Mes bons et loyaux services ont été validés. Le 1er décembre 2007, mon statut change. Je suis retraité.
Le 13 décembre, organisé avec l' UGICT, mon syndicat, et le comité d'établissement dsc, ce fut le pot de départ.
J'étais ravi de pouvoir inviter grand nombre d'amis, de camarades et collègues. Une grande partie de ma proche famille était là aussi.
Mon cher Jean-Marc
C'est consciente de mon insuffisance à mettre en musique ces quelques lignes, que je m'adresse à un mélomane reconnu pour retracer en quelques lignes son parcours. Et c'est bien évidemment le respect pour vos oreilles attentives que mes cordes vocales limitées vous épargneront un exercice périlleux car comme le dit le proverbe ouzbek "qui mal en voix qui mal y chante".
Jean-Marc Gentil, tu portes bien ton nom. Je sais, c'est facile. Pourtant tu es parti de loin, avec ton lieu de naissance - près des abattoirs de
Tu es né le 05 novembre 1948. Nous avons fait nos recherches et internet est formel, aucun homme célèbre, à part toi, n'a vu le jour à cette date. Déjà, tu te distingues. Tu habitais rue de Flandre pas loin des Lilas, ce qui t'as tout naturellement amené à rentrer le 14 décembre 1970 à
C'est 37 ans de carrière, c'est aussi 37 ans à
En effet, tu fais partie des élus de la première heure depuis la création des CDEP en 1990 où tu as été réélu jusqu'en 2006. c'est dire si tu en as usé des présidents
Autre record notable, la première mise en place du CDEP DSC1 a été l'objet d'une bataille homérique avec un record de durée : la séance a commencé à 8h00 et s'est terminée à 22h30 avec une lutte opiniâtre où le 1er règlement intérieur du CDEP a été voté article par article et dans le lieu historique pour
Mais ton militantisme ne se limite pas à
Tu en as des passions mais celle qui prime tu l'as rencontrée encore dans un acte militant en t'investissant avec les enfants dans une colo en Dordogne à Lisle en 1972 où ton chemin croise celui de Paulette dit Popo.
De cette union naitront trois enfants dont tu tires une grande fierté et qui nourrissent ton énergie : Anne-Laure, Cédric et le dernier Fabien et qui t'élèveront plus tard au rang de grand-père;
Fervent randonneur, il y a de nombreuses années tu as participé à la création d'une section randonneur à la fédération sportive et gymnique du travail.
Bon vivant tu l'es. Ton amour pour la bonne bouffe n'est pas une légende. Cuisinier un temps à la fête de l'huma au stand de Vincennes avec au menu : foie gras et grands vins.
Mais ce n'est pas tout. En mettant vos sens à contribution vous parviendrez sans doute à humer quelques fumets laissés par les mets préparés avec amour par Jean-Marc, cuisinier hors pair chapeauté, secondés entre autres par Marc et Maria bien-sûr, dite la "grenouille", aux Amandiers : choucroute de la mer, cassoulet … j'en passe et des meilleurs tel était l'ordinaire du restaurant d'entreprise du CDEP/DSC et tout ça dans l'unité syndicale bien entendu. Le menu de ce que tu concoctais en semaine, Popo le retrouvait sur le tablier indispensable aux dires de tes collèges au moment de le mettre à laver. Le plaisir de moments conviviaux, la fête entre copains, faire plaisir : c'est bien ce qui t'anime et la bonne chaire n'en n'est qu'un moyen. Mais tu es un artiste dans l'âme puisque ta palette de talents s'étend du dessin (tu as même été prof à Van-Dick où tu as eu comme élève Déborah), en allant jusqu'au chant tu fais partie de la chorale depuis quelques années à Auguste Dobel où ton amour pour les bons mots s'est révélé utile pour donner à celle-ci le nom de DO BEL CANTO.
Des passions, nous le constatons, tu n'en manques pas, la dernière en date étant la généalogie; tu as trouvé des ancêtres dans l'Est de
Tu citais à notre dernier congrès, en juin 2007, Racine "comme il ne respirait qu'une retraite prompte" et bien voilà ! Tu respires à la retraite. Retraite au cœur de l'actualité où la liquidation des régimes spéciaux et l'allongement à 40 ans sous couvert d'équité n'ont pour objet que de nouvelles attaques contre le régime de retraite par répartition. Un système basé sur la solidarité intergénérationnelle.
Solidarité, fraternité, que tu qualifies d'indispensable joyau : fraternité dans la solidarité, fraternité dans la galère, fraternité de lutte. Ce mélange détonnant a jalonné tout ton parcours.
Jules, Basile et Lucas ont bien de la chance : un grand-père tout à eux doué pour le chant, le dessin, pour la peinture, prêt à leur raconter plein de bons mots. Permettez-moi de terminer ce petit discours par une petite citation de Voltaire qui colle si bien à la personnalité de notre cher retraité : "j'ai décidé d'être heureux c'est bon pour la santé".
Bonne retraite Jean-marc.
Michel RIZZI lu ce discours:
Départ en retraite de J.-M. GENTIL
C’est au nom de la section RATP du Parti communiste Français, mais aussi un peu en mon nom propre puisque nous avons été un temps proches collègues sur le site de Noisy le Grand, que je veux te saluer, Jean-Marc, à l’occasion de cette étape importante de ta vie.
Les chemins qui mènent des individus épris des valeurs de justice, de paix, de liberté, de progrès social au Parti communiste sont multiples et divers. Pour toi, ça a plutôt été la version « Obélix », puisqu’on peut dire que tu es tombé dedans quand tu étais petit.
Fernand, ton grand-père maternel qui te portait sur ses épaules, était adhérent dans le 19°. Tout comme Julien, ton père, qui avait fait partie de la Résistance, fut arrêté à Rouen et déporté à Mathausen. C’est toujours dans le 19° que, grâce à l’appui de ses camarades, il reprit peu à peu goût à la vie après son retour et qu’il rencontra ta mère, Gisèle, la fille du chauffeur du maire de l’époque.
Adolescent, tes colonies de vacances, tu les passais bien souvent, avec les enfants des anciens combattants, des résistants et déportés, dans les camps de Pionniers au bord de la Mer Noire ou en RDA.
Alors dans ce contexte, pas très étonnant que tu ait voulu être toi aussi de la partie. Mais « Passe ton CAP d’abord… » : ainsi fut accueilli en famille ton désir d’adhérer au PCF. « Cause toujours… » fut ta réponse au diktat paternel. Normal : la première qualité d’un rebelle, c’est de savoir dire Non. Et tu adhéras donc ; c’était en 1967.
De tes premiers pas au Parti communiste, tu as des souvenirs plein la tête : les actions pour la libération d’Angela Davis, la grande journée de la JC au Palais des Sports avec Barbara au programme, les réunions de cellule à la maison, les boums organisées par les jeunes communistes dans les locaux du parti, mais également la découverte la culture, à travers les séances de la cinémathèque ou les sorties théâtrales au TEP à Aubervilliers.
Des souvenirs plein la tête, mais parfois aussi sur la tête, comme ce jour de la campagne des présidentielles de 1969, quand toi et tes camarades furent attaqués en plein collage d’affiches avenue Jean Jaurès par les nervis de la Droite, te permettant de découvrir les charmes de l’hôpital Saint-Louis.
L’insouciance de la jeunesse c’est sympa, mais à un moment il faut bien bosser ! Et c’est comme ça qu’après une expérience dans le privé, tu es entré à la RATP. Comme agent de station sur la 7, puis chef de station sur la 5. Tu as été un des derniers poinçonneurs du réseau.
Dès ton arrivée à la RATP fin 1970, tu as tout de suite demandé : « Où est la CGT ? », « Où est le PCF ? ». Et tu es tombé sur le père Guiche, bien avant que sa fille ne prenne le relais.
Tu as fait partie de la section communiste du métro, qu’on appelait alors « Le 21° arrondissement de Paris ». Et de ce moment, sans oublier de donner des coups de main dans ta ville pour les campagnes électorales, tu as toujours milité sur ton lieu de travail : à St-Gothard, Noisy-le-Grand, Vincennes puis Philidor, dans le cadre de la nouvelle section d’entreprise créée il y a 3 ans et demi. Avec là aussi quelques combats exaltants, comme celui que nous avons mené pour obtenir un référendum, puis mettre en échec le traité constitutionnel ultra-libéral qu’on voulait nous imposer en 2005.
Ton engagement communiste, il vient à la fois du cœur et de la raison. De ta révolte devant les injustices, le malheur, les guerres ; mais aussi de ta conviction qu’on peut organiser la société autrement qu’autour de la marchandisation des activités et de la promotion du « chacun pour soi » ; et de ton sentiment profond que ça vaut le coup de se battre pour ouvrir une telle perspective. Je sais que, plus que d’autres encore, tu souffres de l’image que les pays de l’Est et leur échec a accolé au mot « communisme ». Ton idéal, ce n’est pas cela ; c’est une société qui permette la libération des capacités de chacun, qui en finisse avec toutes les dominations. Comme le bonheur, le communisme est pour toi une idée toute neuve, qui reste à construire.
C’est cette conception de la vie, faite en même temps d’attention aux autres et d’esprit combatif, qui t’a conduit à t’investir dans d’autres secteurs. Par exemple à Télé Liberté, une association qui militait pour la démocratie à la télévision (Vaste programme !). Ou dans les activités culturelles de la RATP où tu as fait bénéficier les jeunes générations de ton savoir-faire, comme moniteur de colo au Comité d’Entreprise, puis animateur du jeudi pour les enfants, et même comme prof de dessin d’art au CPTA !
Jean-Marc, tu vas maintenant partir vers d’autres aventures. Ce que garderont de toi ceux qui t’ont cotoyé pendant toutes ces années, c’est ton extrême gentillesse, ta bonne humeur permanente et communicative, ton sens de l’humour, ta décontraction qui n’excluent nullement sérieux et détermination quand les choses importantes sont en jeu.
Je sais que, même retraité, tu continueras à venir dans les manifs et à
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