vendredi 22 février 2008








Sketch de Jean-Marc GENTIL pour son pot de retraite.

Le 13/12/2007

Bonjour à toutes et à tous ;

Après avoir remercié tous ceux qui ont rendu possible cette belle fête. Merci Maria, Patricia, Michel, Marc, Yves, Patrick, Jean-Pierre et François… Babette (que je rajoute à la relecture).

J’aimerais vous dire :

J’aime votre présence,

J’apprécie vos grandes tapes dans le dos,

ces clins d’œil complices et nos embrassades.

J’ai goutté, gourmand, vos discours ;

J’ai dégusté vos compliments, votre humour.

J’aime bien que vous soyez là, c’est agréable ;

Collègues, de travail, de jeux,

amis de frais, amis de « bac à sable »

… ça rajeuni !

Je me régale de votre sympathie, exprimée de multiple façons.

Encore ! Si j’osais … Encore.

J’aime aussi que ma famille ait fait le déplacement et côtoie ici, amis et personnages, vous tous, qui avez suscité, conduit, accompagné, ou percuté mon parcours dans cette grande maison RATP.

Quand j’aime, j’aime à le faire savoir. Ce n’est pas d’hier !

Passons donc à avant-hier,

d’ailleurs, je vous ai préparé quelques exemples :

J’ai aimé :

· Cette arrivée sur la 7, au métro « Cadet », où j’étais en réserve… Au portillon, on en a vu passer des frangines et des frères !

Salut Patrice, salut Michel et Dédé, eux qui furent réellement en loge, ni celles des Folies Bergère ni celles du Grand-Orient…

· Etre accueilli chaleureusement par le secrétaire du syndicat CGT du réseau ferré, quant, arrivé fin 1970 comme agent de station, je cherchais mon syndicat. Salut Gaby !

· Etre envoyé un matin, certainement en remplacement de Louis Bourdin, faire des petits trous à « Porte des lilas ». Les grillons y étaient les rois du ballaste ! Salut André, salut Serge !!

Bonheur, également :

· De retrouver un atelier où continuer la pratique des arts plastiques, un de mes violons d’Ingres. Le CE me permis à cette occasion d’élargir ma palette avec, entre autre, le vitrail, le modelage, la poterie et la céramique. Salut Universo, Daniel, Christian. « Tutu » Ventuzo si tu m’entends …

Puis,

· La proposition que me fit le CE d’encadrer les jeunes des ateliers du jeudi aux Maraîchers, tant en dessin, peinture qu’en poterie avec John et Sylvie. De « mes petitous » de l’époque, j’en connais qui étaient encore très récemment de mes collègues et reste de mes amis, de mes camarades. bonjour Mumu ! bises Débo !

Quelles expériences :

· Faire duo, sur la ligne 5, avec un doux hurluberlu breton, à arpenter la ligne. Les inséparables, les deux barbus de la Porte de Pantin ne s’attardaient pas rue Charlot. Pas le temps ! la révolution nous attend en station ! Salut Guy !

· Ces réunions du PCF, rue Lafayette, là où le vingt et unième arrondissement de Paris réunissait ses militants. En effet, à cette époque la section des communistes du métro formait cet arrondissement, underground comme on dit maintenant. Maintenant, c’est complètement différant, nous sommes une section … et toute la RATP y est convoquée. Salut Michel, bises Fanfan dit « lapin bleu » Résistance oblige !

J’ai bien apprécié :

· De passer mon diplôme de moniteur de colo. Je me souviendrais longtemps de ce stage comportant autant de personnel RATP, détaché par le CE, que … de gardes mobiles ! Les copains de stage, quasiment tous militants syndicaux et face à nous ceux qui quelques années auparavant y étaient déjà –en face et pour d’autres raisons- ; Je ne vous raconterais pas ! … Tous, au combien différents mais tous là pour l’enfance, la jeunesse. Pour faire cour, je dirais que les CEMEA donnent, parfois, dans le miracle … Salut Denis, Gégé, Serge, … « j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien … » des autres !

Pas mal, non plus :

· De réussir le concours de dessinateur en génie civil. Merci les Martine.

· De réussir, de nouveau, le concours de dessinateur, mais cette fois-ci en spécialité « Graphique, statistique et publicité ». Faute de volonté de la direction d’accepter mes demandes de mutation vers d’autres cieux que celui du plateau de Denfert, le bien nommé.

· D’être « reçu à la maitrise »… Enfin, c’était ma petite femme qui était la plus heureuse. Quoique, les enfants aussi depuis ce jour, ils aiment les épinards.

Et puis ces découvertes :

· La section syndicale de Noisy-le-Grand doit désigner un militant pour la campagne prud’homale. Moi ? … l’idiot qui pose LA question, ce fut moi. Le volontaire, ce fut moi – qu’est-ce que j’aime … - . Je découvris un monde, mais un monde que l’on ne soupçonnait pas… des infirmiers en psy, des employés communaux, un ingénieur de chez IBM, enfin, toutes choses encore, à l’heure actuelle, inconnues dans certains secteurs de la CGT-RATP. Mais le pire, c’est que tout ces syndiqués, eux, savaient que nous existions … Même… Ils avaient depuis des décennies, en nous attendant, créé un truc qu’ils avaient nommé Union locale des syndicats CGT. Alors après, moi qui détenais la connaissance, j’étais devenu « l’inter-pro » pour mes potes… Salut Mimie, Michel, Pierrot, Jean-Gil, Michelle et Michel,

J’ai bien rigolé :

· D’être convoqué au départ du train par la direction de la colo, car la direction de l’enfance du CE, redoutait en moi un dangereux gauchiste ! C’était peut-être en 1972…, « an 45 du stalinisme ». Tel Monsieur Jourdain, Baptiste, devait en faire sans le savoir ! il y a prescription ! Bien heureusement, l’équipe me connaissait, nous avions déjà travaillé ensemble. … Salut Adri, Mireille, Pierrot, Philippe, Jean-Claude et Ben.

Rigolade encore,

· Quand, dans ma septième année à la même échelle, le chef me convoquât pour me tenir ce langage :

« Bonjour, Monsieur Gentil …

Que vous me semblez bon, … dessinateur !

S’il n’y avait le fait que vous dénaturiez l’image de l’unité

par vos activités politiques,

je vous nommerai bien à l’échelle supérieure …».

De fait, je devais polluer SON paysage devant l’immeuble de Noisy-le-Grand, en vendant l’Huma-Dimanche, qui comme chacun le sait se vendait le … vendredi.

Las de plaisanter, revenons à ce marché : Ce jeudi là, je du expliquer à ce chef de division, sans croire un instant emporter sa conviction que mes activités extra-professionnelles, qui plus est, exercées sur mon temps de repos, ne devait avoir aucunement effet sur mon avancement. Et d’ajouter : « Désolé, chef, vous avez du vous rendre compte, vous, si observateur, que nous avons un tour de rôle et demain c’est à moi de vendre l’Huma ». Je fus nommé, au taquet, comme dab’ … coucou Nadine, Chantal et Gus.

Je plaisante très régulièrement :

· En exprimant le souhait de retrouver collègues et amis dans les rangs de la chorale « DO BEL CANTO » du CRE, salut amis

do-bel-cantistes, salut Anne, salut Thierry (c’est lui le chef !) …

Ce goût du partage peut en agacer, je le sais, si, si, j’en connais... Mais, il n’y a pas que les bagarres et coups, à partager. Les bonnes choses ; la table, salut Marc, Maître coupeur ; les moments jubilatoires, festifs font partis de mon périmètre vital … le chant, pour moi y est inclus et je suis tenté, l’aventure est tout autre, d’y inviter tous les gens que j’aime. Salut Jean-Pierre et à lundi 17h 30…

Au demeurant, si quelqu’autres se sentent concernés, qu’ils n’hésitent surtout pas, un seul instant, ni jamais. J’ai ma pudeur et je ne me vois pas faire mes déclarations tout le long de ces heures … pour peupler cette chorale que pour autant j’adore.

Je n’y aurais jamais songé :

· Interpréter graphiquement, des carottes du sol parisien. Le service « géologie » m’y invitât … prestement. Quoiqu’on en pense elles ne sont pas toutes roses !

· Dessiner le logo de l’espace santé de la RATP et, qu’il résiste au temps … Quoiqu’on en pense l’orchidée n’est pas si fragile.

· Gratter des « schémas de principe », de principe.

· Etudier les espaces de travail de mes collègues. « pénurie d’espace » était le maitre mot, à tel point que cela nous value la réputation d’ « aménageurs douarnenistes ».

Salut, oh ! Fières ouvrières de la sardine !

…………………..Internationale !!! ……………………

J’ai été fier, moi aussi :

· Que l’on me propose de faire le « prof de dessin d’Art », au « Centre de perfectionnement administratif et technique » autrement dit l’ « université des taupes ». Le CPTA se situait, en effet, sous le Parc Monceau, dans une ancienne boucle de terminus de métro. Souvenez-vous ! cet outil permissif, de développement, au temps des concours internes. On s’y rendait, volontaires, afin de se perfectionner dans les métiers de notre entreprise !

La promotion sociale quoi !… Minute de silence.

Bises Marie-Laure, salut Yves.

· Que l’on me propose d’animer le CDEP-DSC1 en tant que secrétaire … Salut « P’tit con », Salut Alain, Bonjour Monsieur le Président,

· Et que je puisse y être réélu … à certains moments ! Salut Christian, Alain, Denis, bisous Lysiane ! Bonjour Monsieur le Président.

J’ai aussi été comblé sportivement de :

· Participer à une démonstration de la section karaté de l’USMT à Fontenay-lès-briis… Il faut dire que le choix fut vite fait ; C’était Karaté ou Sumo, mais il faisait bien frais dans le parc du château ! Si tu m’entends Daniel … bises Nénette.

« Le Glaude » ne serait pas content si je n’évoquais que des tatamis. Et les sentiers de l’Ile-de-France me dirait-il, que nous parcourûmes avec la section Amitié-Nature de la FSGT ! Les randos et ses repas « tirés du sac », avec des tas d’amis … Oui, bien sur, les paysages, aussi, c’étaient bien … Salut donc Claude, bises Sylviane…

Et puis ça :

· Pas encore arrivés à Vincennes, future affectation de notre Département nouvellement créé afin de répondre …. Là, j’ai un blanc … nous avons organisé une délégation CGT RATP à l’UL, dans les règles de l’art (vous vous souvenez ? l’inter-pro) : Une employée, un agent de maitrise, un cadre étaient de la ballade. Le secrétaire de l’Union locale, médusé, mais néanmoins général, cru sur le moment à un gag … salut Nadine, Paul, Christian.

Peu après, l’Union départementale CGT du Val-de-Marne, - salut Rachid, Jean-Pierre, Bubu - et sa Commission départementale UGICT vit ces nouveaux venus être représentés dans ses travaux. Bise Anne, salut Jean-Claude.

Autres moments :

· Devenir, à l’occasion, gardien d’exposition de peinture. Le « Salon des Arts et Techniques » du CE se tenait à l’époque dans une station fermée à l’exploitation : « Cluny ». Les peintres amateurs du métropolitain tenaient non pas meeting mais salon, au quartier latin. Salut Jacques et Do-Do-Do-minique. Daniel si tu nous vois …

Autre temps, autre lieu:

· Prochain rendez-vous : Carrefour des passions ! Salut Armand, Salut Marco ! Pardon…, Monsieur le secrétaire, bonjour !

Tout particulièrement, à ce moment, je voudrais saluer le travail entrepris, de tout temps, avec des fortunes diverses, dans les espaces culturels proposés par le CE, là où j’ai eu l’occasion de développer ce que l’école du militantisme m’a fait découvrir.

Tambours !!!

PUB !

J’attire l’attention de l’honorable assistance sur la variété et la qualité des propositions culturelles offertes au Centre Auguste Dobel. Expos, débats, cafés littéraires et même, régulièrement, cinéma et théâtre gratuits. Tout est bon chez lui, y a rien à jeter !

Et puis,

· J’ai repris les pinceaux, au petit trot. Plutôt que de peigner la girafe, ce qui l’aurait plutôt distraite, en ce moment je peints le cheval de notre « amazona » du CDEP DSC ! Salut amis peintres équins ou pas, cheval, chevaux et juments, salut !

Après tout ça, Jean-Pierre, Didier et Thierry, risquerais-je un « Je vous salut Maria » ?

· J’ai aimé, tout particulièrement, que mon sens de l’ordre, du rangement, soient enfin reconnu – ah, la reconnaissance … ! - et mis au service de l’organisation … et ainsi prendre place parmi les archivistes de notre syndicat. « Triez, triez, il en restera toujours quelque chose » disait l’un, paraphrasant Voltaire … « Et j’ai trié, trié … » chantais l’autre ! Ainsi, avec mes compères, nous trions donc pour l’Histoire, des hectos de papier qui une fois passés par notre VPM (vigilante perspicacité militante), deviennent des documents, matériaux archivés pour l’avenir. - salut Jean-Claude, Bernard, Richard, Serge, Stéphane, Santos ! salut Jean-Claude (c’est le chef)! Vous avez remarqué ? - ici, pas de bises, ou alors à Nicole, elle comprendra … Jean-Michel si tu m’entends …

J’ai aimé par-dessus tout :

· Cette affectation, comme moniteur, à la colo du Champeaux, à Lisle en Dordogne… en effet, c’est là que je fis connaissance avec le foie gr …, le sud-ouest, le Pécharm …, le Périgord, le chabr …, la Dordogne, cette belle ville de Périgueux … vous connaissez le petit rest… et ses fouilles gallo-romaines ? Brantôme et son château, Bourdeilles et son château et tous ces secrets qui les hantent. Puis aux détours de nombreux virages, là-bas au fond de la vallée ce petit bourg - paisiblement dépeuplé -, mais oh combien dy-na-mique : Creyssac, - Salut Anne ! – Creyssac où fut célébré notre mariage Paulette, native du lieu, et moi le parisien, libéré de mes humanités !

……….Cloches !!! ………………. Mendelssohn !!! ……………….

Oui, j’aime par-dessus tout :

Notre projet de vie et ces beaux enfants, ces chouettes mômes que j’ai toujours au cœur. Coucou Anne-Laure, Cédric et Fabien.

Je les kif à donf !!

Nos deux ainés nous ont gâtés, Paulette et moi : Jules, Basile et leur maman Maud, Lucas et son papa David, complètent leurs vies et participent de leurs bonheurs… et nous portent, ainsi, au rang de grands-parents ... Trompettes !!

· Coucou à ma Gigi de mère qui en ce moment, au bord de la mer, est avec nous par le cœur, une douce pensée pour mon Juju de père, ce lâcheur.

· Merci à mes parents … sans qui ……tout ceci ….. arrivé ….

Avant que ne tintent flutes, coupes et gobelets, que ne sifflent bouteilles « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé », et que ne retentissent fourchettes, cuillères et autres outils de délectation « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé », je vous demande encore un peu d’attention :

MESSAGE IMPORTANT :

A ceux qui bien souvent m’ont demandé si « j’allais bien ? », à ceux à qui je ne répondais pas ou par, pirouette n’étant plus de mon âge, dérobade, il est temps, maintenant de vous en informer, bien qu’ayant toujours trouvé cette question fort délicate, déplacée, obscène, … voir indécente.

Mais puisque que nous sommes là, entre nous, je peux maintenant vous le révéler : Et bien oui !! J’y vais … Très régulièrement ...

Ensemble, sonnez, cloches, tambours et trompettes !!!!!!

Merci et bon appétit

Toccata et Fugue ….

Faire un discours après ceux que nous venons d’écouter, n’est pas chose aisée. Je voulais simplement ajouter quelques petites choses.

Après toutes ces années de bons et loyaux services, ça y est, papa est à la retraite !

Quel coup de vieux pour lui ! Pour moi, pour vous, sa petite famille, enfin sa grande famille

Car parmi nous, il y des collègues, des potes, des amis, des camarades, sa femme, ses enfants (Anne-Laure pense bien à lui en bouclant son journal), c’est tout cela sa famille.

Au cours de sa carrière, il en a côtoyés des gens ! Il a toujours su s’entourer de chouettes personnes défendant les mêmes valeurs que les siennes où la solidarité, le respect, l’humanité, ces mêmes valeurs qu’il a su nous inculquer sans jamais les imposer.

Il a su éveiller en nous le sens critique et pour cela, je l’en remercie. Même s’il m’à forcé à prendre ma carte à la CGT en 2000, lors de mon arrivée dans l’entreprise « je te fais rentrer, tu prends ta carte » (lol) !

Non, justement, il m’a toujours laissé le choix et ce choix là était pour moi une évidence. En effet, les chiens ne font pas des chats comme disait l’autre.

Je voudrais terminer en vous remerciant toutes et tous d’être là afin de fêter ce nouveau départ car un départ à la retraite ne signifie pas l’arrêt des hostilités ! Il y a du pain sur la planche : défense des retraités, des actifs, du pouvoir d’achat … j’en passe et des « meilleurs ».

Plus les activités annexes : chorale, peinture, préparation du marathon des papis … en gros, ça ne fait que commencer !

Pour finir, je voudrais te dire que je suis fière de toi et que je ferais en sorte d’honorer ton vœu le plus cher, à savoir : que tes enfants fassent toujours mieux que toi !

Ca va être dur car tu as mis la barre bien haute !

Je t’aime

Cédric G

mardi 12 février 2008


Voilà, c'est fait. Mes bons et loyaux services ont été validés. Le 1er décembre 2007, mon statut change. Je suis retraité.

Le 13 décembre, organisé avec l' UGICT, mon syndicat, et le comité d'établissement dsc, ce fut le pot de départ.

J'étais ravi de pouvoir inviter grand nombre d'amis, de camarades et collègues. Une grande partie de ma proche famille était là aussi.










C'est Lysiane LeMignon qui pris la parole pour la CGT.

Mon cher Jean-Marc

C'est consciente de mon insuffisance à mettre en musique ces quelques lignes, que je m'adresse à un mélomane reconnu pour retracer en quelques lignes son parcours. Et c'est bien évidemment le respect pour vos oreilles attentives que mes cordes vocales limitées vous épargneront un exercice périlleux car comme le dit le proverbe ouzbek "qui mal en voix qui mal y chante".

Jean-Marc Gentil, tu portes bien ton nom. Je sais, c'est facile. Pourtant tu es parti de loin, avec ton lieu de naissance - près des abattoirs de la Villette – mais cela pourrait expliquer néanmoins ton goût prononcé pour la viande.

Tu es né le 05 novembre 1948. Nous avons fait nos recherches et internet est formel, aucun homme célèbre, à part toi, n'a vu le jour à cette date. Déjà, tu te distingues. Tu habitais rue de Flandre pas loin des Lilas, ce qui t'as tout naturellement amené à rentrer le 14 décembre 1970 à la RATP comme poinçonneur.

C'est 37 ans de carrière, c'est aussi 37 ans à la CGT car tu te syndiques dès le début, ce qui te vaut vite le titre de plus vieux syndiqué de l'UGICT/CGT/RATP et qui est le prolongement de ton engagement politique. Puisqu'à 17 ans tu adhères aux jeunesses communistes. Après un passage comme chef de station, tu mets en adéquation tes qualités personnelles en passant le concours de dessinateur industriel où tu exerceras tes talents à Noisy le Grand. Tu passeras la maîtrise en juillet 80. Tu rejoindras le département JD à Vincennes, puis PAT à Philidor. Parallèlement, tes activités syndicales t'amènent au CDEP où là aussi, tu mérites de figurer dans le Guinness book.

En effet, tu fais partie des élus de la première heure depuis la création des CDEP en 1990 où tu as été réélu jusqu'en 2006. c'est dire si tu en as usé des présidents

Autre record notable, la première mise en place du CDEP DSC1 a été l'objet d'une bataille homérique avec un record de durée : la séance a commencé à 8h00 et s'est terminée à 22h30 avec une lutte opiniâtre où le 1er règlement intérieur du CDEP a été voté article par article et dans le lieu historique pour la RATP dans la salle du CA des Grands Augustin.

Mais ton militantisme ne se limite pas à la RATP car tu t'investis également à l'UD94 et à l'UL de Vincennes. Tu mesures toute l'importance du travail, du lien avec l'interprofessionnel.

Tu en as des passions mais celle qui prime tu l'as rencontrée encore dans un acte militant en t'investissant avec les enfants dans une colo en Dordogne à Lisle en 1972 où ton chemin croise celui de Paulette dit Popo.

De cette union naitront trois enfants dont tu tires une grande fierté et qui nourrissent ton énergie : Anne-Laure, Cédric et le dernier Fabien et qui t'élèveront plus tard au rang de grand-père;

Fervent randonneur, il y a de nombreuses années tu as participé à la création d'une section randonneur à la fédération sportive et gymnique du travail.

Bon vivant tu l'es. Ton amour pour la bonne bouffe n'est pas une légende. Cuisinier un temps à la fête de l'huma au stand de Vincennes avec au menu : foie gras et grands vins.

Mais ce n'est pas tout. En mettant vos sens à contribution vous parviendrez sans doute à humer quelques fumets laissés par les mets préparés avec amour par Jean-Marc, cuisinier hors pair chapeauté, secondés entre autres par Marc et Maria bien-sûr, dite la "grenouille", aux Amandiers : choucroute de la mer, cassoulet … j'en passe et des meilleurs tel était l'ordinaire du restaurant d'entreprise du CDEP/DSC et tout ça dans l'unité syndicale bien entendu. Le menu de ce que tu concoctais en semaine, Popo le retrouvait sur le tablier indispensable aux dires de tes collèges au moment de le mettre à laver. Le plaisir de moments conviviaux, la fête entre copains, faire plaisir : c'est bien ce qui t'anime et la bonne chaire n'en n'est qu'un moyen. Mais tu es un artiste dans l'âme puisque ta palette de talents s'étend du dessin (tu as même été prof à Van-Dick où tu as eu comme élève Déborah), en allant jusqu'au chant tu fais partie de la chorale depuis quelques années à Auguste Dobel où ton amour pour les bons mots s'est révélé utile pour donner à celle-ci le nom de DO BEL CANTO.

Des passions, nous le constatons, tu n'en manques pas, la dernière en date étant la généalogie; tu as trouvé des ancêtres dans l'Est de la France et un lien inattendu avec le nouveau secrétaire du CDEP/DSC, Marc Blottière qui serait un cousin éloigné. Toujours l'unité syndicale qui t'anime.

Tu citais à notre dernier congrès, en juin 2007, Racine "comme il ne respirait qu'une retraite prompte" et bien voilà ! Tu respires à la retraite. Retraite au cœur de l'actualité où la liquidation des régimes spéciaux et l'allongement à 40 ans sous couvert d'équité n'ont pour objet que de nouvelles attaques contre le régime de retraite par répartition. Un système basé sur la solidarité intergénérationnelle.

Solidarité, fraternité, que tu qualifies d'indispensable joyau : fraternité dans la solidarité, fraternité dans la galère, fraternité de lutte. Ce mélange détonnant a jalonné tout ton parcours.

Jules, Basile et Lucas ont bien de la chance : un grand-père tout à eux doué pour le chant, le dessin, pour la peinture, prêt à leur raconter plein de bons mots. Permettez-moi de terminer ce petit discours par une petite citation de Voltaire qui colle si bien à la personnalité de notre cher retraité : "j'ai décidé d'être heureux c'est bon pour la santé".

Bonne retraite Jean-marc.








Michel RIZZI lu ce discours:

Départ en retraite de J.-M. GENTIL

C’est au nom de la section RATP du Parti communiste Français, mais aussi un peu en mon nom propre puisque nous avons été un temps proches collègues sur le site de Noisy le Grand, que je veux te saluer, Jean-Marc, à l’occasion de cette étape importante de ta vie.

Les chemins qui mènent des individus épris des valeurs de justice, de paix, de liberté, de progrès social au Parti communiste sont multiples et divers. Pour toi, ça a plutôt été la version « Obélix », puisqu’on peut dire que tu es tombé dedans quand tu étais petit.

Fernand, ton grand-père maternel qui te portait sur ses épaules, était adhérent dans le 19°. Tout comme Julien, ton père, qui avait fait partie de la Résistance, fut arrêté à Rouen et déporté à Mathausen. C’est toujours dans le 19° que, grâce à l’appui de ses camarades, il reprit peu à peu goût à la vie après son retour et qu’il rencontra ta mère, Gisèle, la fille du chauffeur du maire de l’époque.

Adolescent, tes colonies de vacances, tu les passais bien souvent, avec les enfants des anciens combattants, des résistants et déportés, dans les camps de Pionniers au bord de la Mer Noire ou en RDA.

Alors dans ce contexte, pas très étonnant que tu ait voulu être toi aussi de la partie. Mais « Passe ton CAP d’abord… » : ainsi fut accueilli en famille ton désir d’adhérer au PCF. « Cause toujours… » fut ta réponse au diktat paternel. Normal : la première qualité d’un rebelle, c’est de savoir dire Non. Et tu adhéras donc ; c’était en 1967.

De tes premiers pas au Parti communiste, tu as des souvenirs plein la tête : les actions pour la libération d’Angela Davis, la grande journée de la JC au Palais des Sports avec Barbara au programme, les réunions de cellule à la maison, les boums organisées par les jeunes communistes dans les locaux du parti, mais également la découverte la culture, à travers les séances de la cinémathèque ou les sorties théâtrales au TEP à Aubervilliers.

Des souvenirs plein la tête, mais parfois aussi sur la tête, comme ce jour de la campagne des présidentielles de 1969, quand toi et tes camarades furent attaqués en plein collage d’affiches avenue Jean Jaurès par les nervis de la Droite, te permettant de découvrir les charmes de l’hôpital Saint-Louis.

L’insouciance de la jeunesse c’est sympa, mais à un moment il faut bien bosser ! Et c’est comme ça qu’après une expérience dans le privé, tu es entré à la RATP. Comme agent de station sur la 7, puis chef de station sur la 5. Tu as été un des derniers poinçonneurs du réseau.

Dès ton arrivée à la RATP fin 1970, tu as tout de suite demandé : « Où est la CGT ? », « Où est le PCF ? ». Et tu es tombé sur le père Guiche, bien avant que sa fille ne prenne le relais.

Tu as fait partie de la section communiste du métro, qu’on appelait alors « Le 21° arrondissement de Paris ». Et de ce moment, sans oublier de donner des coups de main dans ta ville pour les campagnes électorales, tu as toujours milité sur ton lieu de travail : à St-Gothard, Noisy-le-Grand, Vincennes puis Philidor, dans le cadre de la nouvelle section d’entreprise créée il y a 3 ans et demi. Avec là aussi quelques combats exaltants, comme celui que nous avons mené pour obtenir un référendum, puis mettre en échec le traité constitutionnel ultra-libéral qu’on voulait nous imposer en 2005.

Ton engagement communiste, il vient à la fois du cœur et de la raison. De ta révolte devant les injustices, le malheur, les guerres ; mais aussi de ta conviction qu’on peut organiser la société autrement qu’autour de la marchandisation des activités et de la promotion du « chacun pour soi » ; et de ton sentiment profond que ça vaut le coup de se battre pour ouvrir une telle perspective. Je sais que, plus que d’autres encore, tu souffres de l’image que les pays de l’Est et leur échec a accolé au mot « communisme ». Ton idéal, ce n’est pas cela ; c’est une société qui permette la libération des capacités de chacun, qui en finisse avec toutes les dominations. Comme le bonheur, le communisme est pour toi une idée toute neuve, qui reste à construire.

C’est cette conception de la vie, faite en même temps d’attention aux autres et d’esprit combatif, qui t’a conduit à t’investir dans d’autres secteurs. Par exemple à Télé Liberté, une association qui militait pour la démocratie à la télévision (Vaste programme !). Ou dans les activités culturelles de la RATP où tu as fait bénéficier les jeunes générations de ton savoir-faire, comme moniteur de colo au Comité d’Entreprise, puis animateur du jeudi pour les enfants, et même comme prof de dessin d’art au CPTA !

Jean-Marc, tu vas maintenant partir vers d’autres aventures. Ce que garderont de toi ceux qui t’ont cotoyé pendant toutes ces années, c’est ton extrême gentillesse, ta bonne humeur permanente et communicative, ton sens de l’humour, ta décontraction qui n’excluent nullement sérieux et détermination quand les choses importantes sont en jeu.

Je sais que, même retraité, tu continueras à venir dans les manifs et à la Fête de l’Huma dont tu ne rates jamais une édition. Alors bonne retraite et à très bientôt !